ExTracT

“ExTract”, (en français Extraire) est un travail inspirés par les estampes de Hiroshige. Johanna Baudou y extrait des couleurs, des espaces et des sentiments, qu’elle traduit sous forme de petits collages accompagnés de poèmes. Elle pose la question: comment l’art peut contribuer à la visualisation de nouveaux mondes, de nouvelles façons de voir le paysage, et nous plonger dans l’immensité du temps. “Extract” explore ainsi la dimension trans-temporelle et trans-spatiale de l’Art et de la poétique. 

En effet, les gravures de Hiroshige autour du mont Edo, nous offrent un voyage dans le temps. En regardant ses empreintes, nous avons l’impression de jeter un coup d’œil par une fenêtre sur des paysages qui se déroulent devant nous sous forme de rêverie. Hiroshige révèle l’abîme du temps à travers les espaces vides, la simplicité des lignes et des couleurs, les silences et les distances.

 Johanna Baudou en interprétant ses œuvres uniques, cherche à prolonger un sentiment d’ailleurs: un lieu et un temps que nous n’avons pas vécu mais qui est vivant en nous. Ses paysages épurées à la limite de l’abstraction engendrent un sentiment de légèreté et d’élévation. En évoquant les traces fugitives de l’horizon, elle libère la faible évidence d’un temps qui passe dans les grilles de l’immensité. Au cœur de son art, nous trouvons l’importance du silence et de la contemplation.

Silence aux contours hornés d’étoiles

      L’ombre apparait

                                 Se blotissant sur l’horizon disparu

                                                             - Soudain -          

Flottant dans le vent comme un voile obscure 

                       Le temps                                s’enfuit

J’ai entendu s’écrouler les frontières - les voiles passent.

- jusqu’au dernier souffle de l’aube du jour.

Au loin, j’ai regardé dans tes distances la fuite immobile du temps.

Les traces de demain sont déjà lointaines 

Au-delà de tes sommets mon espace nomade s’évade, m’entraine,

- m’éloigne

Je retourne vers ton abîme

Enclos lointain d’un temps résolu.

- La nuit tombante efface la mémoire

Soupçon d’une autre ère où le ciel était gardien de nos paroles.

Nos mots étaient autres,

Ils étaient des pays qui galopaient vers les étoiles.

                                 - L’histoire vaincue leur silence.

Lignes fuyantes -

Les voyageurs passèrent,

                         portant en eux le souvenir de leurs chants évaporés,

Demi-soupir                                                                                   - des espaces libres

Fenêtre s’ouvrant sur l’horizon

Le pli de moi bascule au sommet de tes espaces

                                     Le retour,

D’un depart inversé